Dector-Dupuy, Carottage
19 May - 13 July 2006

(Français)

Régulièrement présenté par la galerie depuis 1999, le travail de Michel Dector Michel Dupuy fait l’objet cette année d’une seconde exposition personnelle.
La démarche de Dector-Dupuy procède, depuis les années 1980, d’un travail préalable de collecte au coeur des villes : ils arpentent les milieux urbains en quête de traces, d’indices de vie dont ils s’emparent.
Ils utilisent ces bribes comme matière première, conférant ainsi à leur travail une dimension politique.
Les rebuts (bouteilles de bières brisées, prospectus publicitaires, etc.) et les signes revendicatifs (slogans lisibles ou caviardés) qui prolifèrent dans nos espaces publics sont “traqués” par les deux artistes au cours de pérégrinations dans les villes où ils sont invités.
Ces collectes sont à l’origine d’un processus qui s’établit autour de la notion de déplacement. Leur intention est d’essayer d’articuler à un moment donné deux réalités, celle de l’espace public et celle du lieu d’exposition. Arrachée à son milieu d’origine, là où elle est visiblement indésirable, la trace est transposée dans un espace plus accueillant, où elle prend forme et sens, le lieu d’exposition.
Par le dérangement de ces signes, les deux artistes confèrent une visibilité et une importance à des moments qui relèvent du presque rien.
A l’occasion de cette nouvelle exposition à Nancy, Michel Dector Michel Dupuy investiront tout d’abord la seconde salle de la galerie pour y bomber, à la peinture noire, des slogans de toutes sortes préalablement collectés. Auparavant, des toiles blanches de différentes dimensions auront été accrochées. Par la suite, ces mêmes toiles seront déplacées pour faire l’objet d’un accrochage dans la salle voisine.
Recouvertes de fragments d’écritures, les toiles plus ou moins abstraites, découlent de l’action préalablement réalisée par les artistes ; la salle, dans laquelle ils ont œuvré en premier lieu, portera les stigmates de ce déplacement puisque les toiles prélevées apparaîtront comme des manques.
Bien que cette salle soit l’atelier de l’autre, celle-ci n’en demeurera pas moins une œuvre à part entière. Chaque salle est en quelque sorte travaillée par la mémoire de l’autre : elles sont indissociables, l’une ne peut exister sans l’autre.
La galerie représente ainsi un élément dynamique du processus de cette exposition, dans le cadre duquel Dector-Dupuy redéfinissent la question du tableau par une mise en abîme, des murs de la ville aux murs de la galerie.